Revue de lecture #16 : agir en leadership en situation de crise

Vignette pour la Revue de lecture #16 du LAB du leadership sur le leadership en situation de crise. Livre « Leadership sous 0 ». Présenté par Mario Plantin pour le LAB du leadership.

Les moments de crise révèlent toujours quelque chose d’essentiel : ce que votre leadership vaut réellement. Quand les repères se brouillent, que les attentes se multiplient et que l’incertitude s’installe, les membres de votre équipe cherchent instinctivement deux choses : un sens et un repère. C’est dans ces moments que le leadership en situation de crise prend tout son sens.

Dans « Leadership sous 0° », publié en 2021, Dennis Perkins revisite l’expédition de Shackleton en Antarctique et en tire une série de principes. Ce livre montre comment un leader peut maintenir la cohésion, la discipline et la confiance même dans les conditions les plus extrêmes.

J’y ai trouvé quatre idées puissantes, très concrètes pour les leaders d’aujourd’hui. Elles ne reposent ni sur des théories abstraites ni sur des modèles compliqués, mais sur des gestes simples. Des gestes qui, appliqués avec constance, transforment votre façon de diriger en période de turbulence.


Idée 1 : vos comportements deviennent des repères visibles

Dans des conditions normales, une partie de vos comportements peut passer inaperçue. Mais en crise, chaque détail devient signifiant. L’auteur montre que l’équipe analyse tout : vos silences, votre posture, votre rythme et votre capacité à maintenir le cap.

Ce que je trouve le plus marquant, c’est l’idée que votre constance devient un refuge. L’équipe ne cherche pas un leader parfait. Elle cherche un leader stable.

Cela signifie que votre rôle n’est pas de tout régler immédiatement. Votre rôle premier est de devenir un point fixe dans un environnement instable. Ce point fixe, c’est votre cohérence : faire ce que vous dites, dire ce que vous faites, rester prévisible dans la façon dont vous prenez vos décisions.

Imaginez une équipe en pleine réorganisation. Si le leader change d’approche chaque jour, l’équipe suit son instabilité. Si le leader maintient une ligne constante, l’équipe se centre autour de cette ligne.

Expérience du LAB

Pour la prochaine semaine, engagez-vous à maintenir un seul repère visible.
Par exemple :

  • un point d’équipe quotidien de 12 minutes ;
  • une mise à jour écrite à heure fixe ;
  • un rituel d’ouverture (une question, un tour de table, une intention).

Un repère stable réduit l’agitation. Et c’est souvent la première pierre d’un leadership solide en période difficile.


Idée 2 : votre énergie émotionnelle influence toute la dynamique

L’auteur insiste sur une réalité fondamentale : la pression du leader se transmet plus vite que ses consignes. Une réaction impulsive, un signe de fatigue ou une parole trop rapide peut amplifier l’incertitude. À l’inverse, une présence ancrée apaise, même si les nouvelles sont difficiles à entendre.

Ce que je trouve puissant dans ce passage, c’est la clarté avec laquelle l’auteur rappelle que la gestion émotionnelle n’est pas un luxe, mais une responsabilité professionnelle.

Diriger en crise demande d’être capable de créer une forme de calme intérieur. Pas un calme froid ou distant, mais un calme qui montre que vous restez capable de réfléchir. L’équipe s’appuie d’abord sur ce calme, avant de s’appuyer sur vos décisions.

Expérience du LAB

Pendant trois jours, appliquez la règle des dix secondes.
Lorsque vous sentez une émotion monter :

  1. respirez profondément ;
  2. comptez mentalement jusqu’à dix ;
  3. parlez seulement après.

Cette micro-pause permet de transformer une réaction instinctive en réponse consciente. Ce simple geste change la qualité de vos interventions et réduit la tension dans l’équipe.


Idée 3 : clarifier sans dramatiser c’est du leadership en situation de crise

Une crise crée du bruit. Trop d’information écrase. Pas assez alimente les rumeurs. L’auteur propose une structure de communication qui stabilise l’équipe :

  1. « Voici ce qu’on sait. »
  2. « Voici ce qu’on ne sait pas encore. »
  3. « Voici ce qu’on fait d’ici demain. »

Cette structure réduit la charge mentale et rétablit un sentiment de contrôle. C’est un outil que je trouve extrêmement pertinent, surtout dans un environnement où l’information circule vite et où chaque personne interprète selon son propre niveau d’anxiété.

Dire « je ne sais pas encore » n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de clarté. Ce type de transparence protège l’équipe contre les interprétations et renforce la crédibilité du leader.

Expérience du LAB

Lors de votre prochain point d’équipe, testez cette structure.
Vous serez surpris de son effet : moins de questions réactives, plus d’engagement.

Pour approfondir la communication en période délicate, je recommande la lecture de l’article « Les 3 erreurs de communication en leadership qui détruisent la confiance » :
https://objectifcoaching.com/erreurs-de-communication-en-leadership/


Idée 4 : reconstruire la confiance par de petites preuves répétées

Beaucoup de leaders croient que, pour rassurer l’équipe, il faut donner de grands discours. L’auteur démontre le contraire : en crise, les gens croient ce qu’ils voient, pas ce qu’ils entendent.

Je trouve cette idée essentielle : la confiance ne revient pas grâce à une grande annonce, mais grâce à une série de petites preuves.

Une promesse non tenue amplifie le doute. Une petite preuve tenue renforce l’espoir.

Votre équipe n’a pas besoin de garanties absolues. Elle a besoin d’un leader qui avance avec elle, étape par étape, en tenant parole même dans les petites choses.

Expérience du LAB

Pendant une semaine, choisissez une micro-preuve quotidienne :

  • un suivi précis ;
  • une confirmation d’engagement ;
  • une mise à jour courte ;
  • un retour promis et livré.

La confiance se construit avec des preuves minuscules, mais constantes.


Choisir le geste qui compte

Le leadership en situation de crise n’est jamais un moment agréable. Mais c’est souvent un moment révélateur. Il montre ce qui était solide, ce qui était fragile et ce qui doit se transformer.

Les quatre idées du livre vous donnent des leviers simples. Pas faciles, mais simples.
Et si vous en choisissez une seule cette semaine, vous commencerez déjà à améliorer votre impact. Alors, votre mission : sélectionnez un seul des quatre leviers et testez-le.

Voyez comment votre équipe réagit. Observez ce que cela génère. Ce sont ces micro-changements qui transforment votre leadership.

Questions fréquentes (FAQ)

Quelle erreur détruit le plus rapidement la confiance en situation de crise?

Multiplier les annonces rapides ou ambitieuses pour rassurer. Une seule promesse non tenue amplifie la peur. Les leaders efficaces privilégient des engagements courts, réalistes et suivis dans les faits.

Comment éviter que la crise devienne un générateur d’épuisement pour l’équipe?

En ajustant le rythme. La crise pousse souvent les leaders à accélérer, alors que l’équipe a besoin de respirations courtes, de limites claires et d’un tri explicite des priorités. Le leader doit protéger l’énergie collective autant que les résultats.

Quel geste simple peut améliorer la qualité des décisions en période de forte pression?

Introduire une micro-pause émotionnelle. Une respiration consciente ou dix secondes de recul permettent de passer d’une réaction impulsive à une décision réfléchie. Ce geste réduit les erreurs liées au stress et améliore la qualité des échanges.

Comment renforcer la cohésion d’une équipe lorsque les tensions augmentent?

En nommant explicitement les irritants et en ramenant l’équipe vers un objectif immédiat et commun. La crise fragmente les perceptions ; ramener tout le monde vers un horizon partagé réduit les conflits internes.

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